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Il est des années qui durent des siècles, et il est des heures qui semblent des minutes.
Bien sûr que le temps a pu nous sembler long depuis que Chimène s'est
posée, reposée, ressourcée dans un coin de France, loin des fracas des
villes, loin des projecteurs et des micros. Et pourtant chacun de nous
savait l'impérieuse nécessité pour Chimène de respirer! Pendant cette
respiration, la vie lui a sans doute permis d'avoir de nouveaux
regards, de découvrir de nouveaux horizons, de percevoir des
sensibilités inconnues d'elle jusqu'alors et ainsi se préparer à nous
les restituer avec sa sensibilité naturelle, enrichie de sa vie de
femme.
La revoilà donc bientôt pleine de souffle, d'envie et de renouveau.
Cette longue attente va bientôt prendre fin pour chacun d'entre nous.
Certains se sont attachés chaque jour depuis près de deux ans à
réchauffer notre manoir longtemps endormi, endolori puis meurtri aux
premiers jour de Juin. D'autres ont préféré s'éloigner un peu pour ne
pas se tourner vers une échéance indéfinie. Mais tous, nous savions que
des moments enchantés nous reviendraient tôt ou tard. Des moments,
juste des moments...............voilà bien le problème! Que ces heures
de découvertes vont nous sembler courtes! Il n'y aura qu'une seule
première écoute du premier single qui durera moins de quatre minutes,
il n'y aura qu'une seule découverte de la pochette de l'album. Il n'y
aura qu'une seule première audition de l'ensemble du nouvel opus, et
celle-ci défilera sans doute sans que nous ayons le temps de
l'apprécier comme elle le mérite. Bien sûr, les auditions suivantes,
nous permettront de percevoir l'imperceptible de ressentir
l'indiscernable, mais mis bouts à bouts, ces quelques heures vont nous
glisser entre nos doigts, nous affoler nos sentiments.
Que le temps est injuste avec ceux qui attendent!
Bien sûr, il y aura bien la télé, bien sûr il y aura bien les concerts,
mais ces autres instants de gràce rejoindront dans leur cruauté nos
expectatives actuelles, tant fuseront nos émerveillements, tant
traîneront nos impatiences. Nous n'aurons alors pour seule revanche que
l'intensité de nos ressentis, tant il est reconnu universellement que
de la durée de l'attente dépend souvent l'éclat du plaisir.
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